21.5.07

Etre refroidi, faire long feu

Il ne s'est rien passé cette semaine. Strictement rien. Strictement rien d'important qui n'ait été peu ou prou dit, prédit, entrevu, prévu ici ou là dans le présent blog à l'occasion de la campagne électorale.

En rajouter serait donc épiloguer inutilement et tirer à la ligne.

Si tout est dit, il n'y a rien à dire.

Il faudra attendre que la colère revienne.

En attendant, si vous voulez lire (en mieux) ce que j'aurais pu écrire cette semaine, suivez donc ce lien : vive le feu!

ça réchauffe.

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13.5.07

pressons-nous d'en rire de peur d'être obligés d'en pleurer

LA SEMAINE DE NICOLAS

Une super production en cliquant ICI

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7.5.07

Merci à tous ceux sans qui Bebereulnanar ne serait pas là où il en est

D'abord merci au PS qui s'est retiré 5 ans de la vie politique, le 21 avril 2002, pour se consacrer uniquement à se regarder entre soi en chiens de faïence, certes, mais en chiens tout de même.
Il faudra bien un jour élever le Savonnage de Planche au rang de discipline Olympique.

Merci au PS et à ses vieux crocodiles (un éléphant ça pèse; un crocodile ça pleure en mordant) d'être revenus à la vie hier soir à 20 h 01 quant il s'est agi de se quasi-féliciter de la défaite de Royal : on allait pouvoir se retrouver entre soi pour se partager les restes.

Merci au PS de n'avoir prononcé aucun gros mot hier soir à la télévision. Dire "RMiste", "chômeur", "immigré","travailleur pauvre", "sans-papier","SDF", "chasse à l'enfant", "banlieues", "misère"... eût été une faute de goût à l'heure où le futur Président dînait au Fouquet's. Le bon goût français : la voila, la vraie identité nationale, le vrai consensus.


Merci à la Gauche Anti-Libérale Unitaire de s'être très libéralement entre-déchirée, dans la course au chacun-pour-soi. Une seule incohérence à relever : le tous-ensemble-contre-Royal. Erreur de jeunesse, sans doute.
Mention spéciale pour Michel Onfray qui démissionna jadis de la fonction publique pour se consacrer à sa carrière privée. Son appel à l'abstention-blanc-nul lui garantit cinq ans de gros tirages, de déjeuners d'affaires, d'avions et de conférences aux Etats-Unis, où il pourra populariser universitairement l'Art d'Accomoder les Restes à l'usage des pauvres et des mal-mangeant.

Merci à l'UMP d'avoir monté la plus gigantesque esbrouffe politique depuis Buonaparte(*), le Général Boulanger, Badinguet et Jacques Chirac.

Mention spéciale à Henri Guaino, auteur des discours de Sarközy, dont on attend la publication des nouveaux ouvrages : " Comment faire croire qu'on a de la culture, de l'humanisme et une Certaine Idée de la France en 5 leçons" , " Philippe Pétain, le fils caché de Jean Jaurès" et "Subjonctif n'est pas français".

Merci aux has-been sans-rancune des années 68 qui ont chanté Place de la Concorde.

Merci aux repris de justice venus voler (.?.) au secours de la victoire sur le petit écran : Alain Juppé, Bernard Tapie, Johnny Hallyday (par ailleurs contribuable modèle, comme Doc Gynéco) etc.


Merci à la coalition de tous les traîtres coagulés autour du roi d'entre eux.
Mention spéciale à Besson, le Petit-Bleu, qui sera bientôt promu général sur le champ de bataille, comme au bon vieux temps(*).

Merci à Nicolas Sarközy, chantre du travail et des heures supplémentaires, dont la première décision aura été de partir une semaine en vacances en Corse (*).

Merci aux 4330 lecteurs qui auront lu 8029 pages de mon blog en un an. Ce qui n'aura eu, finalement, aucune espèce de conséquence notable.


(*) Je n'y suis pour rien si l'onction présidentielle transforme chaque geste en symbole.
Le candidat avait promis de faire du Maquis des Glières le lieu mystique de sa communion avec la France.
L'Elu trahit sa première promesse en préférant la Corse, patrie du Petit Caporal, et de la version française de la mafia.
On prend les maquis qu'on peut.

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4.5.07

ARIANE MNOUCHKINE LANCE CET APPEL

Allez-vous vraiment faire ça ?

Alors, vous allez vraiment faire ça ?
Vous les plus purs que d’autres, les plus intelligents que d’autres, vous les plus subtils, vous les cohérents, vous les fins stratèges, vous allez faire ça ? Vous, les à qui on ne la fait plus, les durs du cuir, vous allez vraiment, en ne votant pas pour elle, voter pour lui?
Vous allez vraiment faire ça ? Vous allez le faire ?
Vous, les vrais de vrais de la gauche vraie, vous allez faire ça ? Pour cinq ans ! Pour cinq ans, peut-être dix, vous allez faire ça ?
Vous, les toujours déçus de tout, vous les amers, les indécis décidés, les lave plus blanc que blanc vous allez faire ça ?
Mais pourquoi ? Parce que quoi ? Parce que jupe ? Parce que talons hauts? Parce que voix ? Parce que sourire, cheveux, boucles d’oreilles? Parce que vraie ?
Il n’y a rien qui vous aille dans son programme à elle, rien ? Pas cinquante propositions sur les cent ? Pas vingt ? Pas dix ? Pas une ? Vraiment, rien du tout ?
Trop de quoi ? Pas assez de quoi?
Pas assez à gauche ? On voudrait, quitte à tout perdre, une campagne à gauche toute ?
Mais même l’extrême gauche, cette fois-ci, au deuxième tour ne joue plus à ce jeu-là. Peu importe, vous, vous allez y jouer ?
Le résultat du 21 avril 2002 ne suffit pas ? Non. On le refait en 2007, mais en mieux. Pas au premier tour, non, carrément au deuxième. C’est plus chic.
Que ceux qui ressemblent à Nicolas Sarkozy, ou qui croient qu’il leur ressemble, que ceux-là votent pour lui, quoi de plus normal. Que ceux qui lui font sincèrement confiance pour améliorer leurs dures vies, que ceux-là l’acclament et votent pour lui, quoi de plus normal. C’est même estimable.
Que les grands patrons votent Nicolas Sarkozy, pas tous d’ailleurs, loin s’en faut, non, mais par exemple les grands patrons de presse, qu’on a vu se si nombreux, si heureux, à Bercy avant hier, qu’ils votent pour leur copain, qui va vraiment améliorer leurs belles vies, c’est moins estimable, mais quoi de plus normal ?
Mais vous, une respiration possible, un air nouveau, un espace de travail politique, une chance espiègle, ça ne vous dit rien ? Vraiment rien? Mais qu’est-ce qui vous fait si peur ?
Les Italiens ont enfin chassé Berlusconi, les Espagnols, après une grande douleur révélatrice, se sont débarrassés d’Aznar, et voilà que nous, à quelques milliers de voix près, nous allons repasser le plat de la droite dure ?
Il y a un pari à prendre contre une certitude sombre, et vous ne pariez pas ?
Quels désirs obscurs allez-vous satisfaire ? De qui donc, de quoi êtes-vous secrètement solidaires? Ce ne peut-être du bien de ceux qui ont besoin, vitalement, de mieux être. Vitalement. Maintenant.
Supporterez-vous dimanche soir d’apprendre qu’il a manqué une voix ? Une seule. La votre.
Je vous en supplie.

Ariane Mnouchkine