10.7.06

c'est la racaille, eh bien, j'en suis (Une boule à zéro)



La coupe est coupée, la boule est boulée, la boucle est bouclée

Dernier geste technique magnifique de Zidane, un coup de boule parfaitement calculé, fruit d'un entraînement intensif de toute une enfance dans les quartiers de Marseille et d'ailleurs. Geste ultime de rappel au respect, dans la cour de l'école, en bas de l'immeuble, sur la pelouse râpée du HLM. Violence individuelle qui répond à la violence policée de l'humiliation quotidienne imposée aux pauvres, aux immigrés, aux classes dangereuses.

Retour au point de départ, fin de carrière, la boucle est bouclée : superbe réponse à Sarkozy qui renvoyait Thuram à ses origines lors des émeutes des banlieues . (Petit rappel historique : Thuram, membre du Haut comité à l'intégration, se fait tacler sévèrement par Sarkozy sur le thème "Avec ton fric, tu n'es plus de la banlieue, alors, ferme-la". Double impasse, classique aux grands pervers : "Monte dans l'ascenseur social et tu pourras la ramener, mais quand l'ascenseur est en haut, écrase-toi, tu n'as plus le droit de parler du sous-sol, puisque tu es en haut").

Zidane est sorti PAR LE HAUT de cette infernale machine. Arrivé sur le dernier palier, au moment où la porte allait s'ouvrir, la voix de son maître a retenti dans son dos : l'Italien a dû lui dire quelque chose, comme un méchant tacle à la Sarko, et la réponse, magnifique, est arrivée : c'est la canaille, eh bien, j'en suis ! Et paf, un bon coup de boule ! Zidane, tu es un homme libre !

Et ce vieux geste, puisé dans ton enfance, ce coup de boule merveilleux est un exemple extraordinaire pour tous ceux qui étaient sur le point de céder à la formidable machine à soumettre qui s'était mise en place, au plus haut-lieu, pour faire de ce championnat du monde une mécanique-à-oublier-la-crise.
Villepin était venu, Chirac était là, Royal était là, tous étaient là pour t'utiliser comme un tampon de chloroforme à endormir ce Peuple qui petit à petit envahissait la rue(*), mais pour la bonne cause, déguisés en bleu-blanc-rouge, comme en 14, et prêts à défiler, à klaxonner sous la protection de la police, soigneusement mise en place par le 4ème arbitre hongrois !

Zidane, tu as déjoué le piège : c'est la racaille, eh bien j'en suis ! Et je suis fier de toi, et je suis fier de moi, et je suis fier de nous, de la canaille, de la racaille !

Grâce à toi, je sais que Le Championnat du Monde de Coup de Boule à Zéro est encore possible. Je propose comme trophée la sculpture en bois dur de ta belle tête rasée d'insoumis.


(*) On retiendra quand même l'image pitoyable de Debré, dans les jardins de l'Assemblée Nationale, entouré de députés, d'assistants parlementaires, lancés dans une danse-des-canards tricolore et pathétique, bien à l'abri derrière les hautes grilles de la République et un cordon de CRS, mimant grotesquement l'Union Nationale. Spectacle navrant d'une bande de vraies canailles s'encanaillant.

La Canaille

Dans la vieille cité française
Existe une race de fer
Dont l'âme comme une fournaise
A de son feu bronzé la chair.
Tous ses fils naissent sur la paille,
Pour palais ils n'ont qu'un taudis
C'est la canaille
Eh bien, j'en suis !

Ce n'est pas le pilier du bagne,
C'est l'honnête homme dont la main
Par la plume ou le marteau gagne
En suant son morceau de pain
C'est le père enfin qui travaille
Les jours et quelquefois les nuits.
C'est la canaille
Eh bien, j'en suis !

C'est l'artiste, c'est le bohème
Qui sans souper rime rêveur
Un sonnet à celle qu'il aime
Trompant l'estomac par le coeur.
C'est à crédit qu'il fait ripaille
Qu'il loge et qu'il a des habits.
C'est la canaille
Eh bien, j'en suis !

C'est l'homme à la face terreuse
Au corps maigre, à l'oeil de hibou,
Au bras de fer à main nerveuse
Qui sortant d'on ne sait pas où
Toujours avec esprit vous raille
Se riant de votre mépris
C'est la canailleEh bien, j'en suis !

C'est l'enfant que la destinée,
Force à rejeter ses haillons
Quand sonne sa vingtième année
Pour entrer dans nos bataillons.
Chair à canons de la bataille
Toujours il succombe sans cris...
C'est la canaille
Eh bien, j'en suis !

Ils fredonnaient la Marseillaise
Nos pères les vieux vagabonds
Attaquant en quatre-vingt treize
Les bastilles dont les canons
Défendaient la vieille muraille
Que de trembleurs ont dit depuis:
C'est la canaille
Eh bien, j'en suis !

(1865)
paroles : Alexis BOUVIER
musique : Joseph DARCIER

on peut écouter la chanson (et bien d'autres!) là :
http://vrevolution.free.fr/communeenchantant.htm

on peut cliquer là où c'est souligné !

et on peut cliquer là : http://www.break.com/index/zidane_head_butt_game.html si on n'a pas trouvé où cliquer

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4 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Oh que oui ce geste redonne confiance dans le peuple. Marre de la discrimination positive et des bons intégrés. J'espère que l'équipe de France va mettre ses coudes sur la table et se moucher dans les serviettes à la petite bouffe de Bernadette et Jacques.

2:12 PM  
Anonymous EulDupneu said...

Quel bonheur, depuis hier mes nuits sont plus faciles et surtout plus fraîches car je peux enfin ouvrir ma fenêtre sans avoir a supporter tous ces abrutis qui viennent beugler sous ma fenêtre "qui n'a pas sauté n'est pas français". C'est tout juste s'il ne rajoutaient pas "Qui n'est pas français n'a qu'a renter chez lui". He bien non je n'ai pas sauté, je me suis simplement autorisé un petit verre de cidre bien frais pour arroser la fin de cette propagande quotidienne qui nous montre des Villepin enrubanné de bleu, blanc, rouge. Je suis sûr que si le caméraman qui le filmait avait fait un plan plus large, on l'aurait découvert en basket et en short, peut être même avec une supportrice avinée qui agenouillée, faisait la paix avec lui. Je suis en train de m'interroger sur l'ortographe du mot basket (basquette ? ), mais il faut que je sois fort je m'interdis de vérifier dans le dictionnaire, il faut que je donne l'exemple, puisque je ne cesse de lui répéter "JAMAIS de sport, mon fils".

EulDupneu

3:55 PM  
Anonymous Robert Ring said...

Ben repose toi bien m'sieur Euldupneu maintenant que les supporters y crient plus sous ta fenêtre. Tu vas pouvoir t'avaler des litres de cidre en regardant le championnat de Turquie de volley ball (c'est plus tendance).
Pourquoi que ça t'énerve comme ça le foot ? Les gens étaient déjà bien cons et méchants avant qu'on leur donne un ballon. Les jeux du cirque, ça te dit quelque chose ? Ah t'aurais eu l'air malin avec ton air dégoûté et ton verre de cidre à la main, tandis qu'ils s'étripaient la gueule dans l'arène et que tout le monde criaient "Encore". T'as vu à la Coupe du Monde, on a juste eu droit à un petit coup de tête de rien du tout. L'autre il a même pas eu mal si ça se trouve. En revanche, le gladiateur Zidane, ils te l'ont viré illico presto. Ca a dû te rassurer. On avait évité le dérapage.
Tu parles également de Villepin (dont - soit dit au passage - je n'ai strictement rien à foutre), mais figure toi que ce n'est pas lui, ni son gouvernement, qui a inventé le "fotbal". Ca existait bien avant, et même dans d'autres pays où il y a plein gens qui votent à gauche et qui rêvent d'un monde extrêmement meilleur.
Bien avant que l'on invente le cidre - dont tu sembles te délecter à chaque fin de Coupe du Monde - on jouait au "fotbal". C'est peut-être con, mais c'est comme ça.
Quant aux supporters, quoi que tu veux que je te dise ? Ils font leur boulot : ils s'énervent. Imagine que tout le monde ferme sa gueule dans un stade de 80 000 places. Ah elle serait belle la Coupe du Monde.
Et au fait, si t'as la chance d'avoir un gamin qui court un jour sur un stade, pose ton verre de cidre et va lui faire un petit bravo, je suis sûr que ça lui fera plaisir. Tu vas te prouver à toi-même qu'il n'y a pas que des cons de supporters.

11:59 PM  
Blogger Nicole C said...

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